Ciné pas si niais, paraquel

Ce qui suit tentera de relater brièvement les péripéties dont le deuxième larron ne fut pas épargné lors de ce périple mémorable.

En effet, ce jour-là, celui-ci avait commandé exceptionnellement – et dans l’urgence en raison du retard dans lequel son compagnon d’aventures et lui se trouvaient – un merguez-frites de derrière les fagots, au lieu de sa juteuse kefta habituelle.

Las, ils ne tardèrent pas à statuer qu’il serait illusoire d’envisager toute contrebande en l’état, au moins aussi longtemps que les merguez seraient aussi dispendieuses de leurs effluves généreuses. Cette donnée nouvelle finit par les contraindre à improviser abruptement un comité de crise dans les toilettes situées à l’étage du Liberté, avant d’envisager d’affronter le cerbère en jupons qui les attendait à l’entrée du balcon.

Il sera précisé que le col de l’anorak du héros de ce volet de l’expédition lui remontait jusqu’aux oreilles, une fois la femeture-éclair tirée jusquà la butée. En conséquence, tout fumet suspect trouvant sa source au niveau du la poitrine du porteur du dit anorak s’échappait forcément à quelques centimètres seulement de ses narines.

Attendu que son camarade pouvait également en profiter généreusement à 1 mètre environ, la marche à suivre fut intensément concertée, avant que ne fut finalement décrétée la nécessiter d’éventer le coupable ravitaillement, le plus grand des deux équipiers perché sur la lunette des WC, sur la pointe des pieds et le bras tendu afin de pouvoir agiter le paquet à travers l’inaccessible lucarne qui faisait office de fenêtre.

Finalement, et probablement de guerre lasse à force d’être secoué tel un fétu de paille dans cet air hivernal, le merguez-frite toujours emballé cessa d’exhaler ses humeurs sous forme de vapeur condensée, et nos 2 aventuriers purent enfin considérer une franche offensive vers la salle des plaisirs.

Cette opération imposée par les circonstances ne les découragea pas, et participa bien évidemment à la saveur du festin de contrebande qu’ils ne manquèrent pas de d’engloutir durant le générique.

En effet, il n’était nul besoin de tenter la chance plus que de raison, car du merguez-frites une fois illicitement introduit et déballé en vue d’une consommation aussi jouissive que coupable, et cela bien qu’il eut été soigneusement éventé dans les règles, la cocotte était toujours vivante.

 

A Karim S.

About uberslan

Cultural Consultant, Composer, Songwriter
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